Je me souviens de mon premier jour à la maternité de Jean Villar
- agnesaphotographe

- il y a 5 heures
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Je me souviens parfaitement de mon premier jour à a maternité Jean Villar.
J'étais venue pour apprendre à travailler avec les nouveau-nés. Je pensais que c'était la raison de ma présence.
J'avais suivi des formations. J'avais appris les règles de sécurité.
Les gestes, les positions.
Je voulais faire les choses correctement.
Toujours.
Comme beaucoup de photographes spécialisés dans la naissance, je savais que photographier des nouveau- né demandait des connaissances particulières. Je voulais comprendre comment porter un bébé, comment l'installer en toute sécurité, comment respecter son rythme et ses besoins.
J'avais appris beaucoup de choses en formation.
Mais jusque-là, je m'étais exercée sur des poupons.
Je me souviens du premier bébé que j'ai emmailloté.
J'étais nerveuse et je ne voulais pas faire d'erreur. J'avais devant moi un tout petit bébé endormi. Et il me faisait confiance.
Je me souviens d'avoir pris le tempes, d'avoir était douce et minutieuse.
Je ne me souviens pas du shooting en lui même. Juste ce moment.
Avec le recul, je me rend compte que mes plus grands apprentissage sont venus d'ailleurs.
Des sages-femmes qui ont pris le temps de répondre à mes questions.
Des auxiliaires qui m'ont appris à observer, à écouter les bébés.
Des professionnels qui m'ont fait une place au sein de leur quotidien.
Des parents qui m'ont confié leurs premiers jours.
Et des bébés eux-mêmes.
Pendant 8 ans, j'ai pu accompagner des centaines de familles.
J'ai appris que chaque bébé est différent.
Que chaque famille l'est aussi.
J'ai appris la patience, l'adaptation aussi.
Parce qu'aucune formation ne prépare vraiment à tout ce que l'on découvre lorsque l'on passe des années au milieu des premiers jours de vie.
Je pensais apprendre à photographier les nouveau-nés.
J'ai finalement appris bien davantage.
J'ai appris à regarder les gens.
A observer les gestes discrets.
Les regards échangés.
Les silences.
Cette expérience à profondément transformé ma manière de travailler.
Aujourd'hui encore, lorsque je photographie un nouveau-né ou une famille, je sais que ce qui compte ne se trouve pas seulement devant mon objectif.
Ce sont les liens.
Il ne s'agit pas seulement de faire une jolie photo, il faut que cette photo raconte une émotion, un morceau de l'histoire.
Je suis arrivée à la maternité pour perfectionner mon métier.
Je suis repartie avec une autre façon de regarder les êtres humains.
Et c'est sans doute l'un des plus beaux cadeaux que ces huit années m'auront offert.
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