Je me souviens de cette maman qui ne voulait pas être sur les photos.
- agnesaphotographe

- il y a 2 jours
- 3 min de lecture
Je me souviens de cette maman qui avait réservé une séance naissance pour son bébé.
Lorsque je suis arrivée, nous avons discuté quelques minutes avant de commencer. Je lui ai proposé ce que j'avais imaginé pour la séance, et lui ai demandé si elle avait des demandes particulière. Je lui ai aussi proposé de faire des photos de famille, quelques images de tendresse avec son bébé dans les bras.
Elle a immédiatement secoué la tête.
"Non, non, moi je ne veux pas être sur les photos."
Elle s'est mise à sourire, en s'excusant presque.
Je n'étais pas particulièrement étonnée. Il arrive souvent que les mamans ne veuillent pas être sur les photos.
"Juste bébé!"
Elle m'a expliquée qu'elle était fatiguée. Que les nuits étaient compliquées. Qu'elle ne se reconnaissait pas dans le miroir. Que son ventre n'avait pas dégonflé. Que ses cheveux n'étaient pas coiffés et qu'elle n'avait même pas eu le temps de les laver.
J'ai hoché la tête. Je n'ai pas insisté.
Parce que j'entend ces mots très souvent. Je les ai même prononcé. Deux fois.
Je les entends chez des mamans qui portent leur bébé avec tellement d'amour qu'elles oublient complètement de se regarder avec la même bienveillance.
Je n'insiste jamais.
Nous avons commencé la séance tranquillement. Bébé dormait.
De jolies portraits. Quelques détails de ses petites mains.
Puis des photos avec papa. Des photos du quotidien, au rythme de nos conversations.
Bébé s'est agité dans les bras de papa. Pas beaucoup, mais juste assez pour que maman s'approche.
Je lui ai demandé si je pouvais continuer à photographier pendant qu'elle était avec les deux hommes de sa vie. Elle m'a sourit, à hocher la tête et à câliné bébé, toujours blottis dans les bras de son père.
L'instant suivant, papa à glisser bébé dans les bras de maman et les a serré contre lui. Je continuais à photographier tranquillement.
Je me souviens du sourire de papa quand il a redressé la tête. Il a fixé l'objectif quelques secondes. puis s'est éloigné doucement de sa femme. Elle ne s'en est même pas aperçu, entièrement concentrée sur bébé.
Il a fallu quelques minutes pour qu'elle s'aperçoivent que papa était à côté de moi.
Elle a rit. Un rire fugace, mais sincère.
Je lui ai demandé comment elle se sentait. Elle a hésité.
Je lui ai alors montré les photos sur le boitier. Une, deux, ... dix.
Quand je l'ai de nouveau regardé, j'ai vu qu'elle était émue.
Elle n'a rien dit.
Quelques jours plus tard, lorsque je lui ai livré la galerie photo, j'étais nerveuse.
Je me demandais ce qu'elle allait voir sur les photos de famille.
Moi j'étais sur de ce que j'avais immortalisé ce jour là.
Lorsqu'elle m'a appelé plus tard, elle m'a dit que les photos qu'elle préférait étaient les jolis portraits de famille. Pas parce qu'elle s'aimait sur les images.
Mais parce qu'elle voyait quelque chose de plus important.
Elle voyait la façon dont bébé était apaisé.
La façon dont il se blottissait contre elle.
Elle voyait tout l'amour qui existait entre eux.
Aujourd'hui encore, je pense souvent à cette maman lorsqu'une maman me dit qu'elle ne veut pas être photographiée.
Parce qu'un jour, votre enfant regardera ces images.
Il ne verra ni les cernes, ni les kilos en trop.
Il verra simplement sa maman.
La personne qui le portait, le rassurait, le faisait rire et le serrait contre elle quand il en avait besoin.




Commentaires